Fiscalité des non-résidents au Maroc : tout ce que vous devez savoir

Fiscalité · 5 Août 2026 · 9 min de lecture · Équipe WeLinkYou

Loyers, plus-values, dividendes, barème de l'IR, conventions de non double imposition : le point complet sur la fiscalité applicable aux MRE et non-résidents au Maroc en 2026.

Vous êtes MRE (Marocain Résidant à l'Étranger) ou étranger non-résident, et vous possédez un bien immobilier, un compte bancaire ou des actions au Maroc ?

Une question revient systématiquement : que devez-vous réellement au fisc marocain, et comment éviter de payer deux fois le même impôt ?

Ce guide fait le point, étape par étape, sur la fiscalité applicable aux non-résidents au Maroc en 2026 : critères de résidence fiscale, revenus imposables, barème de l'impôt, conventions de non double imposition, pièges à éviter et démarches de déclaration.

⚠️ À retenir

Être non-résident fiscal ne signifie pas être exonéré d'impôt au Maroc : tout revenu de source marocaine (loyer, plus-value, dividende) reste imposable dans le Royaume, quel que soit votre pays de résidence.

Coûts et frais en un coup d'œil

Avant d'entrer dans le détail, voici un récapitulatif des principaux taux et frais applicables aux non-résidents en 2026.

PosteTaux / Montant 2026Précision
IR sur revenus fonciers0 % à 38 % (barème progressif)Après abattement forfaitaire de 40 % (50 % pour logements neufs)
Plus-value immobilière (TPI)20 % du profit netTaux pouvant être majoré si détention < 5 ans
Retenue à la source sur dividendes10 %Contre 13,75 % avant la baisse progressive engagée en 2023
Expert-comptable / fiscaliste au Maroc3 000 à 10 000 DH/anRecommandé pour optimiser sa situation
Convention fiscale bilatéraleGratuitApplicable sur demande lors de la déclaration dans le pays de résidence

Délais à prévoir

ÉchéanceDémarcheDétail
Avant le 31 marsDéclaration des revenus fonciersVia la plateforme SIMPL, pour les revenus de l'année précédente
30 jours après la cessionDéclaration de plus-value immobilièreDéclaration spontanée suivant la vente du bien
30 jours après l'opérationVersement de l'IR sur cessions de valeurs mobilièresPuis déclaration récapitulative annuelle avant le 1er avril
Selon calendrier localDéclaration dans le pays de résidenceFormulaire dédié + demande explicite du crédit d'impôt

1. Qui est considéré comme non-résident fiscal au Maroc ?

La distinction entre résident et non-résident fiscal est la clé de voûte de tout le système. Elle détermine à la fois l'assiette imposable et les obligations déclaratives.

L'article 23 du Code Général des Impôts (CGI) marocain retient trois critères alternatifs pour qualifier un contribuable de résident fiscal :

  • avoir au Maroc son foyer permanent d'habitation : un logement stable à disposition, avec conjoint et enfants qui y résident ;
  • avoir au Maroc le centre de ses intérêts économiques : activité professionnelle principale, source principale de revenus ou siège du patrimoine ;
  • séjourner au Maroc plus de 183 jours au cours d'une période de 365 jours.

Si aucun de ces trois critères n'est rempli, vous êtes considéré comme non-résident fiscal marocain. Concrètement, un MRE installé en France, en Belgique ou ailleurs, dont le foyer et l'activité principale sont à l'étranger, relève de ce statut — même s'il conserve un bien immobilier ou un compte bancaire au Maroc.

Résident vs non-résident : la différence fondamentale

Le résident fiscal marocain est imposé sur l'ensemble de ses revenus mondiaux, marocains et étrangers. Le non-résident, lui, n'est imposé que sur ses revenus de source marocaine. C'est cette règle du « revenu de source » qui structure toute la suite de ce guide.

2. Quels revenus sont imposables pour un non-résident ?

En tant que non-résident, seuls certains types de revenus perçus au Maroc entrent dans le champ de l'impôt marocain. Voici les principales catégories concernées.

2.1 Les revenus fonciers (loyers)

Si vous louez un bien immobilier au Maroc, les loyers perçus sont imposables au titre de l'impôt sur le revenu (IR), catégorie des revenus fonciers, conformément à l'article 61 du CGI.

Un abattement forfaitaire de 40 % s'applique sur le revenu brut avant application du barème progressif, cet abattement pouvant être porté à 50 % pour les logements neufs durant leurs trois premières années de location.

💡 Exemple chiffré

Pour un loyer annuel brut de 60 000 DH, l'impôt sur le revenu dû se situe généralement entre 4 500 et 6 000 DH, une fois l'abattement de 40 % et le barème progressif appliqués.

2.2 Les plus-values immobilières

Lors de la revente d'un bien au Maroc, la plus-value réalisée (différence entre le prix de vente et le prix d'acquisition actualisé, frais et travaux justifiés inclus) est imposée au taux de 20 % pour les non-résidents. Ce taux peut être plus élevé pour les biens détenus depuis moins de cinq ans.

Depuis le 1er janvier 2026, les sociétés non-résidentes sans établissement stable au Maroc qui cèdent un immeuble doivent en outre déposer une déclaration simplifiée dans les 30 jours suivant la cession.

2.3 Les revenus mobiliers : dividendes et intérêts

Les dividendes versés par une société marocaine à un actionnaire non-résident font l'objet d'une retenue à la source. En 2026, ce taux atteint 10 % pour les dividendes, après une réduction progressive engagée depuis 2023 (le taux était alors de 13,75 %). Les intérêts perçus sur des comptes non-MRE sont également concernés.

2.4 Salaires et revenus professionnels de source marocaine

Si vous exercez une activité rémunérée au Maroc en tant que non-résident, les salaires ou honoraires perçus restent imposables au Maroc. L'impôt sur le revenu est en principe prélevé à la source par l'employeur ou le débiteur des sommes.

3. Les conventions fiscales pour éviter la double imposition

Le Maroc a signé plus de 55 conventions fiscales bilatérales, notamment avec la France, la Belgique, l'Espagne, l'Allemagne, l'Italie, le Canada, les États-Unis et les Émirats Arabes Unis.

Ces conventions précisent quel pays a le droit d'imposer chaque catégorie de revenu et prévoient un mécanisme d'élimination de la double imposition, le plus souvent sous forme de crédit d'impôt égal à l'impôt payé au Maroc.

Pour un MRE résident fiscal en France par exemple, les revenus fonciers de source marocaine doivent être déclarés en France (formulaire 2047, puis reportés sur le 2042), mais un crédit d'impôt neutralise en principe l'impôt marocain déjà acquitté, évitant ainsi la double taxation.

📌 Bon à savoir

Le mécanisme d'élimination de la double imposition n'est pas automatique : il doit être demandé explicitement lors de la déclaration dans le pays de résidence, en s'appuyant sur la convention fiscale applicable.

4. Le barème de l'impôt sur le revenu (IR) au Maroc

L'impôt sur le revenu marocain est progressif et comprend six tranches. Il s'applique, après abattements spécifiques selon la catégorie de revenu, à la part de revenu imposable des non-résidents percevant des revenus de source marocaine.

Tranche de revenu annuel (MAD)Taux d'imposition
0 à 30 000 DH0 % (exonéré)
30 001 à 50 000 DH10 %
50 001 à 60 000 DH20 %
60 001 à 80 000 DH30 %
80 001 à 180 000 DH34 %
Au-delà de 180 000 DH38 %

Pour les revenus salariaux notamment, une réduction d'impôt pour charges de famille de 600 DH par personne à charge (plafonnée à 3 600 DH par an) s'applique depuis la Loi de Finances 2026.

5. Comment déclarer ses revenus en tant que non-résident ?

Les obligations déclaratives se sont renforcées et digitalisées ces dernières années. Depuis 2026, la télédéclaration via la plateforme SIMPL est obligatoire pour tous les contribuables percevant des revenus de source marocaine, y compris les non-résidents.

  • Revenus fonciers : déclaration via le formulaire dédié, en principe avant le 31 mars de l'année suivant la perception des revenus.
  • Plus-values immobilières : déclaration spontanée dans un délai encadré suivant la cession du bien.
  • Cessions de valeurs mobilières non inscrites en compte : versement de l'IR dans les 30 jours suivant chaque opération, puis déclaration récapitulative annuelle avant le 1er avril.

Conservez systématiquement tous les justificatifs marocains (avis d'imposition, quittances) en cas de contrôle ultérieur, y compris dans votre pays de résidence.

6. Rapatrier ses revenus ou le produit d'une vente vers l'étranger

Une fois l'impôt marocain acquitté, l'Office des Changes marocain autorise les non-résidents à transférer leurs revenus locatifs ou le produit de la vente d'un bien immobilier vers leur pays de résidence.

Ce transfert reste toutefois soumis à certaines règles administratives : conformité fiscale préalable, justificatifs de propriété et d'acquisition, et respect des procédures bancaires en vigueur. Il est recommandé de solliciter votre banque marocaine en amont pour sécuriser l'opération.

Erreurs fréquentes à éviter

✕ Pièges à éviter

  • Croire qu'être non-résident exonère de tout impôt au Maroc — faux pour tout revenu de source marocaine (loyers, plus-values, dividendes).
  • Ne pas demander explicitement le crédit d'impôt dans le pays de résidence, et donc payer deux fois le même impôt.
  • Manquer l'obligation de télédéclaration via SIMPL, devenue obligatoire pour tous les non-résidents en 2026.
  • Négliger de conserver les justificatifs marocains (avis d'imposition, quittances), pourtant indispensables pour faire valoir le crédit d'impôt à l'étranger.

Foire aux questions

Un MRE non-résident doit-il payer des impôts au Maroc ?
Oui, mais uniquement sur les revenus de source marocaine : loyers d'un bien loué, plus-value lors d'une revente, dividendes d'actions marocaines ou intérêts de comptes non-MRE. Les revenus perçus à l'étranger ne sont pas imposés au Maroc.
Comment savoir si je suis résident ou non-résident fiscal marocain ?
Selon l'article 23 du Code Général des Impôts, vous êtes résident fiscal si vous avez votre foyer permanent au Maroc, si vous y séjournez plus de 183 jours par an, ou si votre centre d'intérêts économiques s'y trouve. À défaut de ces trois critères, vous êtes non-résident fiscal.
Vais-je payer mes impôts deux fois, au Maroc et dans mon pays de résidence ?
Non, en principe. Le Maroc a signé plus de 55 conventions fiscales bilatérales, notamment avec la France, la Belgique, l'Espagne, l'Allemagne et le Canada. Ces conventions attribuent le droit d'imposer à chaque pays et prévoient un crédit d'impôt ou une exonération pour neutraliser la double imposition.
Quel abattement s'applique sur mes revenus locatifs marocains ?
Un abattement forfaitaire de 40 % s'applique sur les revenus fonciers bruts avant application du barème progressif de l'impôt sur le revenu. Cet abattement peut être porté à 50 % pour les logements neufs durant leurs trois premières années de location.
Comment déclarer mes revenus fonciers marocains en tant que non-résident ?
La déclaration se fait auprès de la Direction Générale des Impôts (DGI), désormais principalement via la plateforme de télédéclaration SIMPL, avant le 31 mars de l'année suivant la perception des revenus.

Besoin d'un professionnel pour votre situation ?

La fiscalité des non-résidents peut rapidement devenir complexe, notamment lorsqu'elle implique plusieurs pays. WeLinkYou vous permet d'identifier des professionnels vérifiés — avocats fiscalistes, experts-comptables, notaires — au Maroc ou dans votre pays de résidence, afin de bénéficier d'un accompagnement adapté à votre situation.


Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou comptable personnalisé. La fiscalité marocaine évolue régulièrement (lois de finances annuelles) et les règles applicables à votre situation dépendent de nombreux facteurs individuels. Consultez un expert-comptable ou un avocat fiscaliste avant toute décision ou déclaration.

Liens et ressources officielles