Partage bloqué, héritier injoignable, succession répartie entre deux pays, bien de famille invendable : ce sont les situations où un avocat spécialisé en successions devient nécessaire, au-delà de l'adoul et du notaire.
Une succession simple et consensuelle n'a pas besoin d'avocat : l'acte d'hérédité relève des adouls, le partage du notaire. L'avocat devient nécessaire dès que l'un de ces éléments apparaît :
Quand l'accord amiable est hors d'atteinte, les cohéritiers peuvent demander au tribunal un partage judiciaire. Si le bien n'est pas matériellement divisible — un appartement, une villa unique — la juridiction peut ordonner sa licitation, c'est-à-dire sa vente forcée aux enchères, le prix étant ensuite réparti selon les quotes-parts.
Cette voie est plus longue et plus coûteuse qu'un accord négocié. Elle reste parfois la seule issue face à un blocage durable, mais mérite d'être mise en balance avec une tentative de rachat des parts entre héritiers, qu'un avocat peut structurer.
C'est le terrain où l'accompagnement pèse le plus. Le Maroc n'est pas partie au règlement européen sur les successions internationales : entre la France et le Maroc, chaque État applique ses propres règles de rattachement, ce qui peut conduire à des solutions différentes selon la juridiction saisie.
Concrètement, un même défunt binational peut voir sa succession réglée selon le droit marocain pour son bien à Marrakech et selon le droit français pour son bien à Lyon, avec des règles de réserve héréditaire qui ne coïncident pas. S'ajoute la question de la reconnaissance des actes : un acte établi au Maroc n'est pas automatiquement opposable en France, et une procédure d'exequatur peut être nécessaire.
Les héritiers résidant à l'étranger peuvent se faire représenter à chaque étape — déclaration devant les adouls, partage chez le notaire, procédure judiciaire. Attention toutefois : pour ester en justice, un mandat spécial en forme authentique est exigé ; une procuration de gestion courante ne suffit pas.